Transcription textuelle de la vidéo historique

[Pr Gabriel COSCAS, Ancien Chef de Serviceservice d’ophtalmologie, Centre Hospitalier intercommunal de Créteil]

Au cours des quarante dernières années, depuis les années soixante-dix, l’ophtalmologie a connu un développement extraordinaire.

Non seulement en chirurgie – et tout le monde a entendu parler de chirurgie de cataracte, mais aussi dans le développement des connaissances et des possibilités de traitement des malades atteints d’affection rétinienne. C’est à l’occasion du développement et de la création de méthodes d’imagerie, telles que l’angiographie à la fluorescéine et plus tard l’OCT – ou tomographie en cohérence optique, que l’on a pu effectivement mieux connaitre les pathologies de la rétine, plus particulièrement de la macula.

On s’est ainsi orienté beaucoup sur les pathologies liées au diabète et plus encore liées à l’âge, à cette fameuse DMLA. Ces maladies étaient jusque là subies, acceptées, considérées comme irréversibles, et finalement mal comprises. En 1970, les premiers appareils d’angiographie venaient d’apparaitre, et nous avons eu l’intention et le bonheur de pouvoir développer cette technique d’imagerie, analyser et mieux comprendre tous les stades évolutifs de cette maladie. Et, au fur et à mesure que nous comprenions on cherchait à trouver un traitement.

Nous avons eu aussi une chance extraordinaire, c’est que dans les mêmes années soixante-dix, s’est développé une première thérapeutique utilisant le laser. Elle nous permettait de détruire ces fameux néo vaisseaux sans abimer le point de fixation, sans abimer la rétine utile pour la vision.

C’est à partir de cela que toute une série de développements se sont faits, de jeunes médecins sont venus nous rejoindre. Nous avons participé à toutes les grandes réunions internationales. Et nous avons eu le bonheur de voir se créer une véritable école française de rétine.

Pourtant, pendant ces années nous étions quand même bien déçus puisque seulement un très petit nombre de patients pouvait réellement bénéficier de cette thérapeutique, et encore à condition que les lésions soient reconnues extrêmement précocement. Cette période s’est modifiée grâce aux efforts de très nombreux chercheurs à travers le monde qui ont, dans les années quatre-vingt-dix réussi à trouver un premier traitement pharmacodynamique.

Mieux encore, dans les dix ans qui ont suivi d’autres procédés thérapeutiques sont survenus. Des procédés qui permettaient d’empêcher le développement et l’explosion des néo vaisseaux, et donc de stopper la maladie avant qu’elle n’ait créé des dégâts, et même dans un nombre important de cas de récupérer une fraction importante de vision.

On s’est aperçu que les médicaments que l’on employait à l’époque, que l’on a commencé à employer à cette époque, pouvaient être administrés directement dans l’œil par des injections intraoculaires, impressionnantes bien sûr mais non douloureuses, et qui permettaient d’obtenir un résultat thérapeutique maximum puisque le médicament était concentré dans l’œil et n’atteignait pas le reste de l’organisme.

Pendant toute cette période, bien sûr il a fallu développer les possibilités techniques. Donc développer comme l’a fait le professeur Souied les possibilités d’accueil d’un nombre de plus en plus grand de patients pour bénéficier des diagnostics et des injections intra vitréennes. Il a fallu développer aussi des méthodes d’enseignement. Il a fallu aussi, bien sûr participer aux travaux de recherche car jamais une étape n’est définitive. Et à chaque instant il est nécessaire de progresser dans la connaissance des mécanismes, dans la connaissance de ce qu’on appelle l’étiopathogénie, de manière à ce que nous puissions améliorer encore le processus thérapeutique.

Enfin, au-delà de la recherche et au-delà de toutes ces étapes il reste aussi la formation des médecins mais plus encore, aussi peut-être l’information du grand public.