J’ai une DMLA. Puis-je conduire ?

Le bouton CC permet d'activer / désactiver les sous-titres. Des informations supplémentaires sur l'accessibilité de cette vidéo sont disponibles sur la page d'aide.

Durée de la vidéo : 2 min 46 s.

Transcription textuelle de cette vidéo

[Dr Xavier Zalonghi - Nantes]

Peut-on conduire avec une dégénérescence maculaire liée à l’âge ? C’est une question relativement fréquente, posée à la fois par les patients, l’entourage et même le médecin traitant.

Double niveau de réponse. Il y a premièrement une réglementation, une loi qui est assez précise, européenne et française, où on fait intervenir deux notions importantes : la vision centrale (l’acuité visuelle) et également la vision périphérique (le champ visuel).

La loi est précise pour le permis de conduire voiture légère. Il faut avoir 5 dixièmes, les deux yeux ensemble avec les lunettes ordinaires pour pouvoir conduire, et il faut que le champ visuel périphérique soit de 120 degrés en horizontal, mais surtout que les 40 degrés centraux soient indemnes de toute atteinte. Et ça c’est relativement nouveau, ça ne date que de 2010. Auparavant on ne parlait pas de cette mesure. Ça c’est la réglementation.

Donc l’ophtalmologiste doit effectuer, si vous posez la question de l’aptitude à la conduite, ces deux mesures. D’une part un champ visuel dit binoculaire, que tous les ophtalmologistes connaissent, et d’autre part la mesure d’acuité visuelle, que bien sûr tous les ophtalmologistes connaissent.

Ensuite, dans cette même loi il est possible, en fait même si on est en-dessous de 5 dixièmes, d’obtenir une dérogation auprès des médecins agréés de la préfecture. Pour ce faire il y a besoin de plus de tests, et il faut faire par exemple des tests d’éblouissement, de contraste et de vision nocturne. Ça c’est si vous voulez être dans la réglementation et respecter la réglementation.

Ensuite il faut être relativement pragmatique. De nombreuses personnes en fait adaptent leur style de conduite, même quand ils ont une dégénérescence maculaire liée à l’âge avec une acuité visuelle un petit peu en-dessous de la norme réglementaire. Ils adoptent des stratégies de compensation. Par exemple ils vont éviter certains rond-points, certaines heures, éviter de conduire la nuit, conduire à deux. L’idée c’est de continuer de conduire même avec une vision un peu faible en sécurité.

Moi j’aime beaucoup adresser les patients atteints de DMLA qui sont juste en-dessous de la réglementation, à des auto-écoles qui sont un petit peu spécialisées, qui ont l’habitude des personnes âgées qui ont des déficiences visuelles ou neurologiques, et refaire deux ou trois heures d’auto-école. Ça me paraît probablement être la meilleure solution pour continuer de conduire encore de nombreuses années, même avec une dégénérescence maculaire liée à l’âge de moyenne importance.